mardi 12 avril 2016

Culture politique

Il paraît que les Français n'ont pas de culture politique.
Raison de plus pour lire l'ouvrage Les Cultures politiques en France.

"[...] l'acte politique, phénomène complexe s'il en est, s'explique le plus souvent par référence à un système de représentations partagé par un groupe assez large au sein de la société. C'est ce système de représentations que les historiens nomment la culture politique et qui leur permet de rendre intelligibles des comportements qui, faute de les éclairer par cette clé de lecture, demeureraient peu explicables. Comment, par exemple, rendre compte de la relative permanence des comportements électoraux en France au XIXè siècle et dans la première moitié du XXè siècle, au-delà de la variété des étiquettes politiques, permanence constatée sans être expliquée par les spécialistes de la sociologie électorale ? Comment expliquer que l'Allemagne, industrialisée et forte d'une bourgeoisie évoluée et cultivée, ait basculé dans le nazisme, alors que le Royaume-Uni demeure fidèle, en dépit des aléas économiques et des tensions sociales, à la démocratie libérale ? Pourquoi le fascisme qui trouve un terrain propice en Allemagne ou en Italie ne parvient-il pas à s'implanter en France, alors que nombre de traits structurels la rapprochent de ses deux voisines ? A ces questions, les explications de type univoque ne permettent de répondre qu'en martyrisant le réel pour qu'il entre dans les cases où on entend le cantonner. Parce qu'elle est une notion complexe, aux multiples paramètres, la culture politique permet de mieux rendre compte de la complexité des comportements humains".
"Il n'est guère de culture politique sans la mise en oeuvre de cette alchimie opératoire qui transmue des événements du passé en armes pour le présent. Que la Révolution française n'ait pas toujours eu le sens que lui conféraient les républicains, que le soulèvement des canuts ou la Commune de Paris n'aient pas revêtu la signification de révolte prolétarienne que Marx et ses successeurs leur ont assignée, que le 6 février 1934 ne soit pas la cause directe du Front populaire ou que le fascisme français ait été tardif, minoritaire et sans véritable audience, les historiens en sont persuadés. Il reste que, dans l'ordre de la culture politique, c'est la légende qui est réalité puisque c'est elle qui est mobilisatrice et détermine l'action politique concrète à la lumière des représentations qu'elle propose. Sur tous les points évoqués, la littérature, les journaux ou, plus récemment, le cinéma et la télévision pèsent plus sur la mémoire des événements que les savants travaux des historiens".
"Il n'est pas de culture politique politique cohérente qui ne comprenne précisément une représentation de la société idéale et des moyens d'y parvenir. En d'autres termes, racines philosophiques, références historiques, régime politique induisent une image de la société et de la place qu'y tient l'homme. Entre cette cité idéale et les réalités, le fossé est évident. Et c'est à le combler que s'applique, de façon souvent déterminante, l'action politique mise en mouvement par les tenants d'une culture politique donnée".

Un panorama complet des cultures politiques en France, montrant que les aller-retours des idées sont une constante. Seules les quelques tentatives (tentations) de prospective électorale pourront être ignorées (l'ouvrage date de 1999).

S. BERSTEIN (s.dir.), Les Cultures politiques en France, Editions du Seuil, 1999.




vendredi 19 février 2016

Décentralisation libérale

 Prévost-Paradol






"A plusieurs reprises, jusqu'à des périodes récentes, la culture libérale a pu développer le thème de la décentralisation et revendiquer son goût pour les pouvoirs locaux. Il ne s'agit cependant ni d'un appel à la renaissance organique des provinces, risque de division du corps national, ni d'une aspiration à la démocratie directe, qui suppose une souveraineté du peuple par le peuple. Les pouvoirs locaux sont toujours valorisés comme dispositif politique que l'on peut opposer à l'arbitraire d'un Etat trop concentré : ils réclament une délégation partielle du pouvoir, non le pouvoir tout entier. La région n'a pas besoin de correspondre à une entité culturelle authentique, mais plutôt à un découpage administratif cohérent. Bien qu'intermédiaires et locaux, ces pouvoirs ne doivent pas inaugurer un pouvoir partagé, mais simplement rapprocher les hommes politiques de leurs concitoyens, les premiers continuant de recevoir une délégation totale accordée par les seconds. Le terme de concitoyens est certainement beaucoup plus proche des valeurs de la culture politique libérale que celui de citoyen : c'est au niveau d'un département, de la présidence d'un conseil général, d'une ville -plutôt moyenne que grande- que le rêve d'une action politique proche de l'idéal de la bonne administration, dégagée des passions abstraites de la politique, confinant à un espoir d'"apolitisme" que se réalisent le mieux, du XIXè siècle à nos jours, les aspirations de la culture politique libérale".

BERSTEIN S. (s.dir.), Les cultures politiques en France, Editions du Seuil, 1999.


samedi 13 février 2016

Génération



www.photo-libre.fr

A lire :
 "La Génération Y peut elle être véritablement managée dans le secteur public?" par Pascal NAUD.
cliquer sur ce lien


Manque peut-être une question essentielle : la génération Y existe-t-elle réellement ?


mercredi 30 décembre 2015

Un peu d'humour...

Un peu d'humour pour finir l'année.


 photomontage réalisé par Eric MATARASSO, Directeur Associé, 4ventsgroup.

vendredi 6 novembre 2015

Ah, mon cher entretien










Ce qui est bien avec le management, c'est qu'il est en perpétuelle évolution.

Vous avez enfin décidé de mettre en oeuve la dernière technique managériale qui va révolutionner la vie professionnelle de vos salariés que déjà vous êtes à la traîne...
Bon, d'accord, là nous parlons de l'entretien professionnel qui n'est quand même pas une nouveauté !
Enfin, pas pour tout le monde (décret n°2014-1526 du 16 décembre 2014)...

l'entretien professionnel dans la FPT 

Bref, ça y est tout le monde s'y met, et voilà que l'EP est malmené :
l'entretien annuel à la poubelle

A croire qu'ils le font exprès !

dimanche 13 septembre 2015

Aux rapports...












Hasards du calendrier (ou pas), deux rapports sortent presque en même temps, l'un sur le travail dans le "privé", l'autre sur les dépenses dues aux salaires dans le "public". Deux rapports donc, mais qui n'ont pas eu le même écho dans les médias. Sans doute parce que l'un est plus facile de lecture que l'autre ;  que l'un est plus à la mode que l'autre ; que l'un serait soutenu par une partie des employeurs quand l'autre serait combattu par une partie des agents...

Alors que le Rapport Combrexelle est sobrement intitulé "la négociation collective, le travail et l'emploi",  celui de la Cour des comptes a un titre plus austère :"La masse salariale de l'Etat -Enjeux et leviers".
Pourtant, ces deux rapports méritent plus qu'une médiatisation forcenée sur quelques jours avant un oubli de circonstance, ou une indifférence totale avant un retour de boomerang violent dans quelques années.
Pour se faire une idée, un "peu" de lecture.

La négociation collective...


La masse salariale de l'Etat



vendredi 1 mai 2015

Les maisons de l'emploi






La lutte contre le chômage est une priorité, certes. Encore faudrait-il s'en donner (tous) les moyens.
Malheureusement, il semblerait qu'en France nous ayons la mauvaise habitude de faire d'une bonne idée une mauvaise application. Exemple, les maisons de l'emploi.


cliquer ici

revue Connaissances de l'Emploi n°118, janvier 2015.